Le Contrat

Cela fait des années que cela dure.
Tu ne me vois pas dans un avenir, ni dans une maison.
Tu me vois en vacances, en week-end.
Tu me vois prendre soin de toi.
Tu ne me vois pas comme je suis.
Tu me vois vilaine, cupide, un rapace sur tous tes biens,
Tu ne nous vois pas avec un compte joint.
Tu nous vois séparés de comptes et de contrée
Tu me vois égoïste et égocentrique.
Tu te vois galant, patient et pertinent.
Tu te vois respectueux et respectable.
Tu te vois victime.
Je ne me vois pas continuer ainsi.
Je me vois chercher ce que j’ai envie.
Je me vois ne plus entendre tes sous-entendus, si bruyants.
Je me vois être plus ambitieuse.
Il n’y a pas d’amour sans conditions, cela n’existe pas.
A l’instant même ou tu impose de l’inconditionnel tu as déjà imposé tes conditions.
J’ai couru après du vent, que tu soufflais au gré de tes besoins ou pas.
J’ai chassé tel un épagneul breton un rêve qui n’était que mien.
Je n’ai pas été un ange, mais pas non plus un démon.
J’ai pu être, selon toi, revêche, chiante, triste, en colère, ou fatiguée.
Je ne suis pas que ça, ni avec toi, ni avec les autres, les miens et les tiens.
Je n’oserais pas te blesser avec un risque d’un autre mieux ailleurs.
Non je ne te menace pas avec un autre hypothétique ou potentiel.
C’est si petit, si blessant, si insultant.
Cela fait  des années que cela dure.
Tu ne veux pas de chantier avec moi,
L’idée même qu’un compte bancaire nous lie, fait perler de la sueur sur ton front.
Tout est dit.
Si, comme tu dis, le passé n’est qu’illusion.
Et demain, selon toi, n’existe pas.
Quant à aujourd’hui cela ne serait que chimère.
Que faire ?
Je ne me vois pas continuer à flotter dans tes non-dits,
Je me vois ne plus permettre tes ambiguïtés,
Tu comprend, je ne me vois pas choir encore plus pour toi.
Je me vois sans être ton bateau ivre, où tu es le seul qui décide de l’ancrage.
Je me vois chercher comment nous poser dans une réalité.
Je ne me vois pas continuer à être une intermittente du foyer.
Passons un contrat.
Puisque tu vis avec la terreur qu’une autre te destitue à nouveau de tout ce qui t’appartient.
Je ne veux plus rien, j’ai trop perdu à tenter d’être un peu.
Et après?
Rien…
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